L'Égypte est un pays où l'eau est devenue la ressource stratégique numéro un. Plus de 90 % des besoins du pays en eau sont couverts par la rivière Nil, tandis que le volume moyen d'enneigement annuel est négligeable. Cela fait de l'Égypte l'un des régions les plus arides du monde, où la gestion des ressources en eau est une question de sécurité nationale.
Le Nil reste la principale et la plus importante source d'eau potable pour la plupart des Égyptiens. L'Égypte pompe environ cinquante-cinq milliards et demi de mètres cubes d'eau de la rivière chaque année. Cependant, le pays fait face à un déficit d'eau aigu : le déficit d'eau annuel est estimé à cinquante-quatre milliards de mètres cubes. Ce problème est aggravé par la croissance rapide de la population, qui a dépassé cent sept millions de personnes en 2024 et devrait atteindre cent soixante millions en 2050, selon les prévisions. En conséquence, l'accès à l'eau par habitant a déjà baissé en dessous de cinq cent soixante-dix mètres cubes par an, ce qui est beaucoup plus bas que le seuil de \"pauvreté hydrique\" fixé par l'ONU à un niveau de mille mètres cubes. La situation est particulièrement difficile dans les zones rurales, où vit cinquante-six pour cent de la population.
Des réserves importantes d'eau douce en Égypte sont cachées sous terre. Le principal réservoir est le bassin de la nappe phréatique nubienne, s'étendant sous de vastes terres de la grande désert. Selon les évaluations des scientifiques, le volume total d'eau douce dans cette nappe phréatique atteignait environ cinq cents milliards de mètres cubes avant son exploitation. Cependant, cette eau est en grande partie fossile, accumulée il y a mille ans, et sa renouvellement est extrêmement lent. L'extraction active, qui s'élevait à deux milliards cent soixante-dix millions de mètres cubes en 2006, nécessite un contrôle strict pour éviter l'épuisement.
La qualité des eaux souterraines varie considérablement. Les recherches montrent que l'eau nubienne contient souvent des traces d'eau de mer ancienne et d'autres minéraux, ce qui peut la rendre impropre à la consommation humaine sans prétraitement. Dans la vallée du Nil et la delta, la situation est encore plus compliquée : les eaux souterraines sont souvent impropres à la consommation en raison de la haute minéralisation et de la pollution, ce qui oblige la population locale à dépendre presque exclusivement des eaux superficielles de la rivière. En conséquence, même dans des régions telles que la grande désert, les eaux souterraines situées dans le sable nubien nécessitent un suivi approfondi pour évaluer leur aptitude à la consommation humaine.
Dans les régions côtières et touristiques, telles que Charm el-Cheikh sur la péninsule du Sinaï, la principale source d'eau potable est l'osmostase de l'eau de mer. Chaque année, ce resort accueille environ un million de touristes, ce qui crée une demande énorme en eau. L'osmostase est réalisée à la fois par des entreprises publiques et privées, mais ce processus est extrêmement énergivore et a un impact négatif sur l'environnement en raison du rejet du résidu salé. Pour le moment, l'osmostase couvre moins d'un pour cent des besoins totaux du pays, mais son rôle augmentera dans l'avenir, en particulier dans les zones touristiques et le long des côtes.
L'Égypte développe activement le secteur du traitement des eaux usées. Dans le pays, un réseau de cinq cents huit stations de traitement traite quatre-vingt-neuf et deux dixièmes pour cent des eaux usées. Les plus grandes stations autour du Caire et d'Alexandrie ont été modernisées avec des technologies modernes. Cependant, le problème du traitement est aigu, car seuls soixante-cinq pour cent de la population ont accès à l'égout centralisé, et le service est distribué de manière inégale entre les zones urbaines et rurales. L'eau réutilisée est une source importante pour l'agriculture, et le gouvernement vise à atteindre un niveau de réutilisation presque de cent pour cent à l'avenir.
Ainsi, la recherche et l'approvisionnement en eau potable en Égypte sont une tâche complexe, résolue par une combinaison de plusieurs sources : la grande rivière Nil, les eaux souterraines anciennes, l'osmostase coûteuse et le traitement des eaux usées. Chacune de ces sources a ses avantages et ses limitations, et leur combinaison permet de maintenir la vie dans l'une des pays les plus arides du monde. Cependant, la croissance rapide de la population et les changements climatiques rendent la question de la gestion durable de ces ressources un défi clé pour l'avenir de l'Égypte.
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